L’essor de l’intelligence artificielle dépend de vastes infrastructures physiques, gourmandes en ressources locales, qui échappent en grande partie au contrôle et à la souveraineté des États. Cette analyse est proposée par Joseph Bohbot, professeur de géographie à Sorbonne Université, dans une tribune parue dans Le Monde. Il y met en lumière la « géographie concrète » de l’IA, loin de son image dématérialisée et souvent perçue comme purement virtuelle.
Selon Bohbot, des territoires entiers sont spécifiquement mis au service du calcul intensif, fonctionnant selon une « logique de comptoirs ». Cette approche implique l’exploitation de ressources locales, qu’il s’agisse d’énergie ou de foncier, pour alimenter les centres de données et les équipements nécessaires au développement et au fonctionnement de l’IA.
Ces bases matérielles, cruciales pour le déploiement de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale, opèrent souvent en dehors des cadres de régulation nationaux. La question de la souveraineté des États face à cette infrastructure globale et décentralisée de l’IA demeure ainsi posée, soulignant un défi majeur pour la gouvernance future de cette technologie.
Source : Le Monde Pixels